L’ampleur du mouvement est inédite.

Après les accusations de Nicolas Sarkozy, qui a dénoncé jeudi les «dysfonctionnements» de la justice dans l’affaire Laëtitia, la colère des magistrats menace de s’étendre. De Marseille à Caen en passant par Nice, Nancy et Metz, des assemblées générales sont prévues pour voter des suspensions d’audiences jusqu’à jeudi, date à laquelle les deux principaux syndicats de magistrats, l’USM (majoritaire) et le SM (gauche), appellent à une grande journée de mobilisation. Malgré tout, le pouvoir exécutif assure qu’il ne fera pas machine arrière.

Nicolas Sarkozy exprime «ce que ressentent les Français»

Du côté du gouvernement, on essaie de désamorcer la brouille, sans rien lâcher sur le fond. «Le président de la République a dit ce que ressentent les Français. C’est d’abord un sentiment humain qu’il exprime», nuance le ministre de la Justice, Michel Mercier, qui a invité les syndicats à discuter du dossier. D’autres ministres se font néanmoins plus incisifs.

«Comment a-t-on pu laisser sortir de prison un tel individu, plusieurs fois condamné pour des faits d’une gravité accablante ?», s’interroge le ministre des Transports, Thierry Mariani, pour qui Nicolas Sarkozy parle «au nom de tous les Français qui ont besoin de ces réponses ». Des critiques qui rejoignent celles de la famille du principal suspect de l’affaire Laëtitia, Tony Meilhon. Sa demi-soeur a notamment indiqué avoir averti la justice à plusieurs reprises de la dangerosité de son frère, sans succès.

«Victime du manque de moyens»

Pour les procureurs, présidents de cours d’appel et de TGI, le diagnostic est le même : les défaillances dans le suivi de Tony Meilhon sont liées au manque de moyens de la juridiction de Nantes




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