Le trafic d'enfant à l'adoption : un réel fléau
Un trafic est toujours défini par une offre et une demande. Dans le cadre de l'adoption internationale, la demande d'enfants par des couples originaires de pays riches crée une sorte d'« appel d'air » face à la précarité économique de nombreux pays.

Certains avocats ou fonctionnaires, qui jouent le rôle d'intermédiaires dans les pays d'origine des enfants, l'ont bien compris.
Sous prétexte de sauver une multitude d'enfants, ils se cachent derrière le principe selon lequel l'adoption est un acte privé - ce qui n'est pas faux - et accumulent ainsi de juteux profits en toute légalité.
Le besoin d'enfant est parfois tellement fort que beaucoup de couples deviennent victimes sans s'en rendre compte de véritables escroqueries sur l'origine de l'enfant, telles que fausses identités, âges modifiés, voire certificats d'abandon achetés aux mères les plus misérables.
La longueur des procédures incite par ailleurs les couples demandeurs à verser des sommes effarantes pour les accélérer, sous couvert d'honoraires d'avocats ou de frais de procédures qui ont toutes les apparences de la légalité.
Le cloisonnement juridique entre le pays d'origine de l'enfant et celui de ses parents adoptifs est tel que toute action judiciaire se heurte aux plus grandes difficultés d'établir des preuves et de définir les véritables responsabilités.
La convention internationale de La Haye en matière d'adoption constitue certes un réel progrès dans la législation des pays qui l'ont ratifiée.
Elle offre des garanties pour que l'adoption ait lieu dans l'intérêt supérieur de l'enfant et permet d'instaurer un système de coopération entre les États contractants.
Mais cette convention n'a d'efficacité que s'il y a une réelle volonté des pays d'offrir aux couples candidats à l'adoption un contrôle strict des organismes intermédiaires en adoption.
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