Politique d'immigration : une Europe divisée
Les pays européens peinent à construire une politique commune d’immigration en matière de conditions d’entrée, de séjour et d’accès au marché du travail et aux prestations sociales, de regroupement familial ou d’acquisition de la nationalité.

Les régularisations massives opérées en Espagne et en Italie ne concernaient que des migrants ayant un travail.
Ces deux pays, débordés par le flux de clandestins arrivant par les Canaries ou les îles voisines de la Sicile, se sont depuis engagés dans une politique d’extrême fermeté.
L’Allemagne a reculé devant la proposition d’accorder la double nationalité à quatre millions d’étrangers, décidé d’encadrer l’immigration et d’accélérer les procédures de reconduites.
Traumatisée par les attentats islamistes de 2005, la Grande- Bretagne a durci ses lois d’expulsion en introduisant le motif d’une « menace contre la sécurité nationale », remplacé les aides financières aux immigrés par des aides en nature, lutté contre les mariages blancs et accéléré les temps de réponse aux demandeurs d’asile.
Les Pays-Bas et le Danemark, pays traditionnellement accueillants, ont infléchi leur législation sur le droit d’asile dans un sens restrictif.
La Grèce, incapable de faire face seule aux arrivées transitant par la Turquie, a demandé l’appui de l’Union européenne.
En même temps, les instances européennes tentent d’harmoniser la politique migratoire des différents pays :
Les conditions de délivrance des visas obligent chaque pays à s’occuper ultérieurement de la demande d’asile de la personne concernée pour décourager les pays trop laxistes ; la perspective d’instauration et de généralisation du passeport biométrique n’est plus éloignée
La « directive retour » adoptée par le Parlement européen en juin 2008 et dénoncée par ses adversaires comme « la directive de la honte » prévoit de plafonner la durée de rétention administrative dans tous les pays européens à 18 mois maximum, instaure un droit à l’aide judiciaire et un droit de recours, et laisse la liberté à chaque État membre de prendre des mesures plus favorables aux migrants.
Le pacte européen sur l’immigration et l’asile lancé par la présidence Sarkozy et adopté à l’unanimité par le Conseil européen le 16 octobre 2008 s’articule sur cinq engagements : mieux organiser l’immigration légale, mieux lutter contre l’immigration clandestine, renforcer l’efficacité des contrôles aux frontières extérieures de l’Union, bâtir une Europe de l’asile et se concerter davantage avec les pays source d’immigration.
Au-delà des négociations sur la sécurité d’un espace Schengen peu étanche, les gouvernements successifs sont soumis à une double pression. Les immigrés et les associations qui les soutiennent réclament un élargissement des conditions d’accès en considérant que, les pays d’origine étant condamnés à la misère, l’immigré doit s’établir librement là où il trouve un maximum d’avantages. Les opinions publiques crispées sur les problèmes de chômage, de délinquance et de communautarisme, réclament un moratoire sur l’accueil de nouveaux flux et considèrent que la priorité est l’intégration des résidents actuels.
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