Le Canard enchaîné se donne pour mission, sous une coloration pacifiste, anticléricale et antimilitariste, d’être une tribune impertinente luttant contre la propagande du gouvernement et de l’armée française durant la Première Guerre mondiale.

S’il peut être partiellement et contextuellement apparenté, pour son ton et son cynisme, à la presse des tranchées, il s’inscrit surtout dans la tradition de la presse d’opinion de gauche ou encore dans celle des titres satiriques qui font florès depuis le XIXe siècle (l’Assiette au beurre, le Rire, le Cri de Paris, entre autres).

C’est en somme un objet médiatique parfaitement hybride qui prétend, dès son premier numéro, donner « toutes les fausses nouvelles du monde entier, transmises de Berlin par fil barbelé » !

Quoique menacés par la censure, les dessinateurs attachés au journal « croquent » avec humour et sarcasme les faits d’actualité.

Les journalistes, virtuoses du jeu de mots, démasquent les abus des hommes politiques ou des grands patrons de l’industrie, tout en rapportant leurs éventuels écarts de langage.

Et la recette, qui comprend déjà la fameuse « Mare aux canards », est bonne et fonctionne : le Canard enchaîné est le seul journal né de la guerre qui y survive.




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