Elles participent à tous les aspects de la vie sociale, politique, économique, scientifique et artistique tout en refusant de respecter les limites strictes posées par le pouvoir.

Au cours des deux décennies écoulées, les revendications féministes, contrairement aux attentes de la tendance conservatrice du clergé, n'ont en rien perdu de leur intensité.

Bien au contraire, l'urbanisation croissante de la population et la poursuite de la scolarisation massive des jeunes filles, entreprise déjà à l'époque monarchique, conjuguées à l'islamisation autoritaire imposant des apparences et des modes de vie conformes aux règles officielles, ont contribué à renforcer l'esprit de contestation, même chez les femmes musulmanes pratiquantes, ce qui a donné naissance à un courant féministe islamiste.

Il existe donc aujourd'hui un clivage entre deux visions du monde dans le mouvement féministe iranien : les femmes des couches moyennes urbaines se réclamant de la laïcité, et les femmes des milieux traditionnels plus attachées aux valeurs religieuses.

Ce qui est remarquable c'est que, face aux contraintes imposées par le régime, les deux tendances se rapprochent en refusant ensemble l'inégalité sexuelle ainsi que l'identification de la femme à son seul rôle d'épouse et de mère tout en revendiquant en commun la reconnaissance de la femme en tant que sujet politique.




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