Tout d’abord, parce qu’il est inséparable de l’explosion des énergies et de la créativité artistique de la « movida » postsocialiste qui, comme celle d’autres pays dits « de l’Est » (en réalité d’Europe centrale) a caractérisé la transition démocratique hongroise : issu d’abord de la mouvance alternative, presque libertaire, d’opposition au régime communiste, l’initiative de sa création revient d’abord à quelques enthousiastes épris de libertés, et non à un ministère ou à une collectivité publique.

Ensuite, parce que le festival Sziget est resté une structure privée et indépendante, dépourvue de subventions (même européennes), et réalise la totalité de ses recettes grâce à la billetterie et des sponsors. Malgré cette contrainte, malgré l’explosion des cachets de certains artistes et le baril de brut à 130 dollars, le prix du pass reste abordable, eu égard à la longueur du festival et à la multiplicité et à la diversité de la programmation.

Aujourd’hui, dix-sept ans après sa première édition, le festival Sziget a certes beaucoup évolué, dans le paysage bouleversé de l’industrie du spectacle, dans le contexte de la crise du disque et d’un capitalisme débridé, mais il a su garder quelque chose de la fraîcheur de sa jeunesse. Musique, théâtre de rue, danse, forum civique, sur un territoire grand comme une ville , tout cela donne à chaque festivalier l’embarras du choix, ainsi qu’un incroyable -et presque irréel- sentiment de liberté. En accostant sur cette île située au coeur de la capitale d’un petit pays de dix millions d’habitants, qui parlent une langue qui ne ressemble à rien -les rendant par là même plus ouverts au monde et aux autres- chacun peut se sentir « citoyen du monde au coeur de l’Europe ».

Cosmopolitisme du public - une trentaine de nationalités, venues de toute l’Europe - dont la moyenne d’âge ne dépasse guère les 22 ans, mais aussi cosmopolitisme des artistes : issus d’une cinquantaine de nationalités - de Cuba à la Finlande, du Vietnam à l’Angleterre, de la France au Mali, des musiciens, mais aussi des danseurs, acrobates, acteurs et marionnettistes présents sur les trente scènes du festival, contribuent à animer ce festival 24 heures sur 24, au milieu d’une foule de campeur étonnés et ravis.

Si les têtes d’affiches anglo-saxonnes du moment (The Wombats, Kaiser Chiefs, Adam Green, Danko Jones etc…) ou d’avant (Iron Maiden, Sex Pistols, R.E.M) sont bel et bien là, le rock russe (Leningrad), l’électro tchèque (DJ Lucca) ou française (Justice, Missill, Vitalic, Jack de Marseille), le folk finlandais (Alamaailman Vasarat) contribuent à faire briller le festival de mille couleurs musicales. Le métal n’épargnera pas les oreilles de ses fidèles disciples, avec notamment Punish Yourself, Mass Hysteria, Apocalyptica et Iced Earth - mais ils pourront les reposer en allant écouter, dans le cadre intimiste de la scène jazz, Rhoda Scott ou Maceo Parker.

L’autre spécificité du festival est la place prépondérante accordée aux musiques dites « de l’Est ». Ainsi, les amoureux de fanfares balkaniques et de musiques tsiganes pourront (re)découvrir des groupes à la réputation établie, mais aussi d’autres perles, encore peu connues en France comme Romano Drom ou Szilvási gipsy folk band.

Quant à la programmation française et francophone, répartie sur plusieurs scènes, elle illustre la vitalité et la créativité des artistes issus de la Francophonie, de Mademoiselle K à Rokia Traoré, de Smooth à Sayag Jazz Machine. Elle est soutenue cette année par la Sacem, l’Adami (dans le cadre du programme « Détours ») et l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Enfin, les deux scènes « danse et théâtre de rue », l’une en plein air, l’autre sous chapiteau, accueilleront aussi bien du hip-hop (compagnie française Chute Libre) que des chorégraphes contemporains (compagnies Motionhouse et Stockholm59°North), sans oublier la création européenne du nouveau spectacle des marionnettes sur l’eau du Vietnam, « L’âme du village ». Preuve s’il en faut que Sziget, tout en effaçant les frontières entre nationalités, décloisonne aussi les frontières artificielles entre les disciplines et les publics.

Sziget Festival du 12 au 18 août 2008
Contact presse : Bureau Sabine Arman - Clotilde Noël
Tel : 01 44 52 80 80
info@sabinearman.com
www.szigetfestival.com






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