Ce service, qui a pour objet de promouvoir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques et économiques, de favoriser l’accès à l’emploi des femmes, à l’égalité salariale et professionnelle, de garantir l’accès aux droits fondamentaux, de préserver les droits propres et de lutter contre les violences faites aux femmes, mobilise, de manière transversale, les autres ministères, les collectivités territoriales, les associations, les entreprises et les partenaires sociaux.

Les menaces et interrogations qui pèsent aujourd’hui sur l’avenir du service central et sur l’autonomie et la capacité d’action des services déconcentrés mettent directement en danger les actions menées sur tout le territoire. C’est une profonde atteinte à la politique de l’égalité et un retour en arrière catastrophique.

Plus largement, le slogan du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux signifie une précarisation professionnelle accrue des femmes, qui constituent 60 % des effectifs de la fonction publique. Enfin les annonces de « rationalisation » des outils de la puissance publique s’accompagnent d’autres attaques de dispositifs collectifs jugés trop onéreux, comme les crèches, dans le collimateur de Xavier Bertrand parce que trop exigeantes en personnels qualifiés. Ainsi on va assister à une privatisation accrue de la prise en charge des personnes dépendantes, enfants et personnes âgées, renvoyée à la sphère familiale, donc aux femmes.

Une fois encore, l’examen de la RGPP à travers le prisme des femmes fait la démonstration que, sous couvert de modernisation et de rationalisation, le gouvernement opère un terrible retour en arrière sociétal et renvoie les individus à eux-mêmes et à des solidarités privées, dont les femmes sont quasi exclusivement chargées, aux dépens d’un progrès social partagé.

Laurence Rossignol,
secrétaire nationale aux droits des femmes






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