Une série de rendez-vous présentée ici par Emmanuel Suard, directeur adjoint des programmes.

Le phénomène Barack Obama a-t-il, de près ou de loin, inspiré le cycle Freedom ?

L’esclavage est rarement abordé à la télévision. Nous avons voulu fêter avec Freedom le double anniversaire de son abolition en France, en 1848, et en Grande-Bretagne dix ans plus tôt. Ces commémorations interviennent dans le contexte d’un débat historique très vif sur l’esclavage et l’héritage de la colonisation.

Nous avons imaginé ce point fort avant même que la campagne d’Obama ne prenne une telle ampleur. Mais bien sûr, notre programmation va contribuer à éclairer les enjeux de la présidentielle aux États-Unis. De Racines à Sidney Poitier, de Jack Johnson à Mohammed Ali, de Martin Luther King à Malcolm X, à travers fictions et documentaires, il s’agit d’explorer la lutte des descendants d’esclaves pour l’émancipation, leur esprit de résistance.

Un hommage aux combattants de la liberté qui ne se limite pas à l’Amérique : la “Thema” de ce soir, Au loin, la liberté, fait revivre par exemple l’histoire de la Martinique, terre natale d’Aimé Césaire, après le rétablissement de l’esclavage par Napoléon : en 1831, des esclaves y ont obtenu l’ouverture d’un procès pour mauvais traitements…

La majorité de ces combats s’inscrit surtout dans les années 1960 et 70…

C’est là que le mouvement pour les droits civiques, puis le Black Power, vont ébranler toute la société américaine, et porter à travers elle dans le monde entier un courant de rébellion politique et culturelle.

Avant notre “Summer of the 70’s”, dont une soirée est dédiée à la Blaxploitation, on va ainsi découvrir Wattstax, un documentaire extraordinaire sur le “Woodstock noir” organisé par le label Stax à Los Angeles, sept ans après les émeutes de Watts, où le tout jeune Jesse Jackson prend la parole, entre Isaac Hayes et les Staple sisters.

Mais nous diffusons aussi le portrait du boxeur Jack Johnson qui fut, avant 1915, le premier champion du monde noir – le film est réalisé par Ken Burns, le réalisateur de The war.

Et parce que la résonance politique, polémique, de cette longue histoire reste très forte aujourd’hui, Daniel Leconte consacrera une soirée au débat, particulièrement brûlant côté français, sur les origines de l’esclavage et sa mémoire.





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