Construite en 1970, la cité Karl-Marx subira en 2009 un petit lifting. L’ensemble, dressé là depuis presque quarante ans, est un résumé des différentes vagues d’immigration, des politiques d’urbanisation et de logement en France.

Quelques habitants incarnent l’histoire de cette cité. Annick et Luc Jaume se souviennent de leur emménagement en 1972 dans un appartement avec cuisine et salle de bains, un luxe !

Mais comme Abdelkhader Zaghrouk, en France depuis 1981, ou Fousseini Coulibaly, de nombreux travailleurs ont attendu des années dans la précarité ou les foyers avant d’être logés avec leur famille. « C’est beaucoup plus compliqué quand on est étranger, surtout africain, d’avoir des logements », constate Fousseini.

Xiaowei Zhang, arrivée dans les années 80, a tenté de s’enraciner ici en devenant propriétaire. Longtemps ces cités sont restées fermées aux immigrés dont on pensait qu’ils ne pouvaient s’adapter. Ils y accèdent finalement à partir des années 70, alors que l’on arrête la construction de ces ensembles qui commencent à avoir mauvaise réputation et que les classes moyennes les quittent.

Michel Nait, un des derniers commerçants du lieu, pense que l’« on a proposé de l’habitat, mais rien d’humain autour ». Et, lorsque la cité est classée en zone urbaine sensible ou amputée de quatre tours, ces habitants venus d’ici ou d’ailleurs ont du mal à faire table rase de cette partie de leur vie construite ici.

MARDI 1ER AVRIL SUR FRANCE 5