Mais qui voulait la peau de Malcolm X ? La fin du prêcheur nationaliste semble vouée au mystère. Théorie du complot ou provocation policière ? En 1966, trois activistes de la Nation of Islam (NOI), groupuscule sectaire afro-américain, sont arrêtés et reconnus coupables du meurtre du leader noir, mais la controverse s’installe : les fidèles accusent Washington d’avoir commandité en coulisses l’élimination de Malcolm X. Aujourd’hui encore, les circonstances de l’assassinat font débat.

Vingt ans plus tôt, en 1946, Malcolm Little, jeune délinquant de Harlem, est condamné à dix ans de prison et découvre très vite le prix de l’insoumission. En détention, il se convertit aux doctrines de la NOI. Bras droit d’Elijah Muhammad, son chef de file, Malcolm X connaît une ascension fulgurante. Orateur de talent, il s’impose rapidement comme une figure médiatique de premier plan.

Son arrivée bouleverse le monde politique des années 50. Martin Luther King occupe alors le devant de la scène. Mais Malcolm X récuse ses visées pacifistes. Chantre de la violence, il prône l’autodéfense, la séparation des races et la création d’un Etat noir indépendant.

C’est à partir des années 60 qu’il s’éloigne progressivement de la conception sectaire de la NOI. Son pèlerinage à La Mecque en 1964 marque un tournant décisif. Converti au sunnisme, le porte-parole de la « Black Pride » délaisse son discours revanchard. Il comprend la nécessité d’un combat unitaire et multiplie les signes d’ouverture vers les forces progressistes. Mais ce revirement idéologique dérange. Sa popularité suscite les jalousies des dirigeants de la Nation of Islam, qui s’emploient à le discréditer. La rupture est définitivement consommée et le leader noir y laissera sa vie.

SAMEDI 15 MARS à 00h05 sur France 5






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