A visage couvert, deux ex-détenues ont accepté de témoigner devant une caméra. On ne saura presque rien du motif de leur incarcération, mais on apprendra beaucoup de leur détresse de mères, confrontées à la dure séparation avec leurs enfants. Catherine a passé dix ans derrière les barreaux. Lorsqu’elle est sortie, ceux-ci, devenus grands, s’étaient totalement éloignés. « Ma fille aînée a coupé les ponts tout de suite… Avec mes enfants, il y a quelque chose de cassé. » Son seul but aujourd’hui est de s’en rapprocher. Virginie a été condamnée à un an de prison ferme, mais a bénéficié d’un aménagement de peine qui lui permet de prendre ses filles, encore petites, à intervalles réguliers. « Le plus dur, c’est de ne pas pouvoir les voir quand on veut. » En liberté conditionnelle, elle travaille en attendant la date de sa libération.

Difficile reconstruction

Au fil des mois, toutes deux ont confié à la réalisatrice les souffrances de la prison, la perte de leur identité de mère, les difficultés qui jalonnent le retour à une vie de femme libre : rechercher un emploi, affronter le jugement des autres, reconstruire les liens familiaux… « Je suis devenue quelqu’un d’autre avec dix ans d’incarcération, explique Catherine, puisqu’on n’accepte pas les gens qui ont fait de la prison. » Après une expérience malheureuse de secrétaire, elle est devenue auxiliaire de vie pour un vieux monsieur qui l’a recrutée, en connaissant son passé. « Ma vie maintenant, c’est d’avoir une vraie vie de mère et de grand-mère, parce que j’ai envie au moins de réussir ça. » Pour préparer son retour à la liberté, Virginie est accompagnée par une association qui se consacre à la réinsertion des anciens détenus. Sa première préoccupation est de trouver un logement qui lui permette d’accueillir ses filles, confiées à leur grand-mère. « On se sent moins mère… La mienne a toute la responsabilité... On a plus l’impression de les protéger quand même… » A sa sortie de prison, ses faibles revenus ne lui permettront pas d’envisager de les prendre avec elle tout de suite, et curieusement l’obligeront à espacer ses visites. « Je suis libre, mais toute seule, sans mes enfants… »

MARDI 18 MARS 20.40 sur FRANCE 5






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