Le 10 octobre 1965, le monde entier retient son souffle : dans un coin désertique du sud de l’Égypte, Ramsès II vient de perdre la tête, soulevée par une grue… Lancée par l’Unesco pour éviter que les vestiges de l’époque pharaonique ne soient engloutis par les eaux du haut barrage d’Assouan, la gigantesque opération de sauvetage des temples d’Abou Simbel a commencé.

C’est le projet suédois qui a été retenu ; il s’agit de découper les monuments en 1 305 blocs de pierre puis de les reconstituer à l’identique, 65 mètres plus haut, sur le plateau désertique.

L’ensemble doit être adossé à une falaise artificielle, elle-même soutenue par une coupole de béton. Pendant plus de dix ans, des experts de vingtquatre pays et neuf cents ouvriers travaillent à déplacer les temples.

Si la presse de l’époque s’est largement fait l’écho de ces travaux “pharaoniques”, elle a souvent oublié les populations, chassées par la mise en eau du barrage. Cent vingt mille Nubiens ont dû quitter leur village des bords du Nil et abandonner aux flots les vestiges de leur culture, elle aussi millénaire.

Quarante ans après, ils reviennent progressivement dans la région, profitant d’un projet de mise en valeur lancé par le gouvernement égyptien.

Documentaire de Thomas Weidenbach, Dimanche 2 Mars sur Arté


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