On l’espérait depuis longtemps mais cette fois, c’est une certitude : nos routes commencent vraiment à être moins dangereuses. D’année en année, depuis l’été 2002, elles font moins d’accidents et moins de victimes*. Les contrôles plus nombreux et les sanctions plus rigoureuses y sont pour beaucoup. Mais pas seulement : nous tous, conducteurs, avons changé de comportement !

À force de campagnes de prévention, d’information sur la violence routière, de statistiques et de reportages sur les catastrophes causées par quelques minutes d’insouciance, nous avons fini par prendre conscience que les risques de la route, ce n’est pas que pour les autres. Nous avons réalisé que chacun a sa responsabilité et son rôle à jouer dans l’amélioration de la sécurité routière…

« Même si, trop souvent encore, nous considérons que les mauvais conducteurs ce sont les autres, constate Jean- Yves Salaün, délégué général adjoint de La Prévention Routière, il y a désormais des raisons d’espérer : ceux qui se comportent bien ne sont plus des exceptions. S’ils roulent moins vite, s’ils surveillent mieux leur consommation d’alcool avant de prendre le volant, s’ils bouclent systématiquement leur ceinture, c’est aussi (un peu) parce qu’ils commencent à admettre que cela vaut mieux pour tout le monde. »

Bref, la route n’est plus tout à fait le défouloir généralisé que l’on a connu. Est-elle devenue pour autant ce lieu de convivialité dont beaucoup rêvent? Certainement pas! Elle reste un espace où chacun, sûr de son bon droit, a tendance à nier celui des autres, où chaque catégorie perçoit l’autre comme un ennemi: automobilistes contre poids lourds, piétons contre cyclistes et rollers, deux-roues motorisés contre automobilistes.

✖ Le respect d’autrui

Un exemple flagrant de ce «chacun pour soi»: l’usage du clignotant par les automobilistes est de plus en plus rare. Mais on pourrait également citer le stationnement abusif sur les trottoirs, les places «handicapés» non respectées, les couloirs de bus squattés par les livreurs, les «queuesde- poisson» sur la route, etc. Qu’on l’appelle «civisme» ou «courtoisie», la notion essentielle à développer, au-delà du respect des règles, est donc, incontestablement, le respect d’autrui. C’est l’idée que l’on n’est pas seul sur la route ou dans la rue, qu’il s’agit d’un espace public à partager. Mais soyons positifs, les initiatives destinées à valoriser cette idée se multiplient depuis quelques années. Sans remonter à l’opération «Drapeau blanc» lancée par La Prévention Routière en 1988 et à laquelle AGF a participé, on peut évoquer la Journée nationale de la courtoisie au volant.

✖ Vers la cohabitation

Chaque année, depuis 2000, cette opération rencontre plus d’échos**. Sa septième édition (le 13 avril) a pour objectif d’apprendre aux Français «à mieux se conduire » : tout un programme! Autre initiative intéressante, celle de l’association Rue de l’avenir qui se bat pour un meilleur partage de la rue. Elle vient d’éditer un projet de code de la rue qu’elle appelle de ses voeux pour mettre fin à la loi du plus fort : celle des automobilistes qui stationnent n’importe où, qui accélèrent quand un piéton s’apprête à traverser, celle des motocyclistes qui slaloment, des livreurs qui s’arrêtent où ça les arrange.

En fait, ces initiatives et opérations reposent sur le même objectif (le même rêve ?) : qu’un jour, la route (la rue) ne soit plus un lieu de compétition mais un lieu de cohabitation harmonieuse, où le respect des règles et le respect d’autrui seront des évidences pour tous

Plus d'infos sur le site de la prévention routière





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