Dans Là où vont nos pères, Shaun Tan, dessinateur sinoaustralien, a fait le pari d’une bande dessinée sans dialogues ni récit pour miser sur la force du trait, des formes douces et la poésie des tons sépia.

Défi audacieux qui fait toute la place au ressenti et à la réflexion et laisse l’histoire se construire à partir de clichés du quotidien d’un homme mystérieux qui fuit femme, enfant et misère pour trouver une vie meilleure dans un eldorado inconnu.

L’album commence sur une tasse ébréchée, une photo, une cocotte en papier. Puis le puzzle de l’histoire se constitue peu à peu.

Notre homme à valise vide et à identité vaporeuse s’installe de l’autre côté de l’océan où il découvre une ville déconcertante.

Il n’y a aucun repère, ni la langue ni les coutumes. Son unique recours : côtoyer d’autres vagabonds, d’autres identités en souffrance, en quête d’espoir et de bouleversement.

Cette histoire universelle et onirique aux contours géographiques flous est un magnifique hommage à tous les migrants.






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