Hier, le tribunal correctionnel de Saverne rendait en délibéré le jugement d’un procès de novembre dernier, contre une conductrice ayant, en 1999, à Wasselonne (Bas-Rhin), tué acci­dentellement deux enfants âgés de onze ans, et blessé grièvement un autre.

Chose plus rare, compa­raissait également à ses côtés la société Volvo, et le concessionnaire alsacien ayant examiné la voiture quinze jours avant le drame. «Volvo car corporation» a été condamné à 200 000 € d’amende en raison du dysfonctionnement de son système de freinage. La conductrice, Catherine Kohtz, a été condamnée à six mois de prison avec sursis, une suspension de per­mis d’un an et une contravention de 300 € pour défaut de maîtrise de son véhicule. La conductrice et Volvo devront, en outre, payer 3 000 € à chacune des deux familles des en­fants victimes. Le concessionnaire a été relaxé.

Ce matin du 17 juin 1999, Ca­therine Kohtz part de chez elle, à Wasselonne, au volant de son Volvo break 850 TDI, pour aller travailler à Strasbourg. Après quelques centai­nes de mètres, au centre-ville, dans une descente, ses freins ne répon­dent pas, et elle décide, « pour ne pas aller tout droit comme une fusée » , de « stopper dans la file de voitures stationnées à droite » , a-t-elle raconté lors du procès, en novembre. Elle braque trop à droite, monte sur le trottoir, et fauche les trois enfants en chemin pour l’école. Lors du procès, qui avait eu lieu après une longue instruction et qui avait été marqué par un débat d’experts, deux propriétaires de Volvo avaient témoigné en faveur de Catherine Ko­htz, disant avoir eux-mêmes eu des problèmes de freinage. La société, elle, avait plaidé la relaxe, estimant notamment que la conductrice avait dû confondre la pédale d’accéléra­tion et la pédale de frein.

Le tribunal a établi la responsa­bilité de Volvo, alors même que ce ne sont pas les freins qui ont fait défaut, mais seulement le système d’assistance au freinage. Il a retenu contre la société le fait qu’elle n’avait pas rappelé une série de véhicules particulièrement concernés, dont faisait partie celui de la prévenue, bien que «parfaitement consciente que le système d’assistance au freinage équipant ce type de véhi­cules n’était pas parfait puisqu’elle l’(avait) modifié de manière mineure à plusieurs reprises ». Le tribunal a également reproché à Volvo de ne pas avoir expliqué à ses clients com­ment réagir en cas de désactivation de l’aide au freinage, sous-estimant là la panique possible des conduc­teurs.





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