Les rendez-vous avec l’histoire sont à chaque détour du chemin. Vestiges gallo-romains, palais renaissance, hôtels particuliers aux façades classicisantes, le hasard a voulu que Besançon soit aussi la ville natale de nombreux artistes et écrivains.

Formant un rempart naturel idéal, le méandre du Doubs a structuré le paysage urbain au fil du temps.

Côté rive gauche, l’urbanisme s’articule autour de la Grande-Rue, axe central tracé sur l’ancien cardo gallo-romain. À l’extrémité sud de cette artère, l’ancien quartier capitulaire s’étage sur la colline dominée par l’ombre de la Citadelle que Vauban édifie à la fin du XVIIème siècle. La cathédrale Saint-Jean arbore avec fierté son robuste clocher comtois et décline avec harmonie au gré des chapelles et absides, tableaux de la renaissance italienne, sculptures flamandes et compositions baroques de grande qualité.

La place du Rondot Saint-Quentin (on y dansait en rond à l’ombre de la chapelle Saint-Quentin) est rebaptisée place Victor Hugo en 1902 pour rappeler la naissance du poète dans l’une des maisons à arcatures boutiquières qui bordent cet espace. Si Victor Hugo n’est resté que très peu de temps, l’artiste garde malgré tout des liens avec sa ville natale par l’intermédiaire d’artistes et d’intellectuels bisontins qu’il reçoit dans son salon parisien.

Le Palais Granvelle égrène au gré de ses colonnes toscanes une architecture renaissance qui pénètre en Franche-Comté par le biais de familles promises à un destin glorieux sous l’autorité de l’empereur Charles Quint.

Devenu Musée du Temps, le Palais Granvelle évoque l’épopée de Laurent Mégevand fondateur à Besançon de la première manufacture horlogère de France en 1794, et présente aux visiteurs des objets emblématiques de l’évolution de la mesure du temps, du pendule horloger à l’horloge atomique.

Arborant une façade à bossage de pierres calcaires aux couleurs alternées, l’Hôtel de Ville renaissance se dresse fièrement sur la place du Huit-Septembre et rappelle les libertés communales conquises par les Bisontins à la fin du Moyen-Age.

La ville basse a gardé sa vocation commerciale et c’est sur une place du marché restructurée et embellie que se tiendront désormais les marchés des petits paniers, à l’ombre de la nouvelle halle, harmonieux mélange de verre et d’acier, tandis que se profile la silhouette hiératique de l’ancienne halle devenue à la fin du XIXème siècle Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie. La générosité de collectionneurs avertis en fait l’une des plus belles collections de province, réunissant sur ses cimaises des oeuvres de maîtres prestigieux qui de Bellini à Marquet proposent un panorama complet de l’art en Europe du XVIème au XXème siècle.

Il suffit de passer le pont et la rive droite offre aux regards avertis l’étagement de ses toits aux tuiles multicolores.

Autour de l’église Sainte-Madeleine, chef d’oeuvre d’art sacré néoclassique, se déploie le quartier Battant haut en couleur et en vie. Si la vigne ne court plus sur la colline, quelques maisons vigneronnes nous rappellent que la viticulture, activité séculaire à Besançon, occupait une partie de la population jusqu’à la fin du XIXème siècle. Hôtel de Champagney, Hôtel Jouffroy, ces deux exemples de restauration exemplaire sont emblématiques des efforts consentis par la municipalité bisontine pour restaurer progressivement ce quartier.

Quelques pas encore et la rue du Petit Battant nous conduit à la maison où est né Pierre-Joseph Proudhon en 1809. Quelques années auparavant la Grande-Rue avait vu naître Charles Fourier en 1772. Besançon est donc à quarante ans d’intervalle la ville natale de deux grands théoriciens du socialisme. Est-ce le hasard seul ou l’habitude des pratiques communautaires qui forge ces destins ?

Forte de son passé horloger, fière d’un savoir-faire artisanal qui réunit aujourd’hui encore, doreurs, luthiers, facteurs de pianos, Besançon, capitale des micro-techniques, peut aborder avec confiance le XXIème siècle.

Fortement charpenté par l’anticlinal de la Citadelle, le site bisontin doit sa particularité à un relief contrasté. Collines aux escarpements parfois brutaux que vient adoucir la boucle du Doubs.






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