Non au débridage !

Non parce qu’en trafiquant son véhicule, on se met hors la loi. Le code de la route interdit en effet toute modification technique aboutissant à une augmentation de sa puissance. Le phénomène s’applique surtout aux moins de 50 cm3 dont la vitesse maximale autorisée – et en principe limitée à la construction– est de 45 km/h. Or, il suffit bien souvent d’une simple manipulation pour que l’engin dépasse allègrement ce seuil. Les « kits de débridage » peuvent, de leur côté, transformer un 49,9 cm3 en un 80 cm3, modifier culasses ou pistons et permettre ainsi à un modeste scooter d’atteindre 100, voire 120 km/h !

Non parce qu’en cas d’accident, l’assurance risque fort de ne pas jouer si le cyclomoteur a été débridé ou si les éventuelles modifications n’ont pas été signalées au moment de la souscription du contrat. Et cela peut coûter très cher !

Non parce qu’un cyclo muni d’un pot d’échappement libre peut être terriblement bruyant et perturber la tranquillité des riverains. On a calculé qu’un tel engin traversant Paris d’est en ouest en pleine nuit va réveiller quelque 300 000 personnes* ! Et n’oubliez pas : si la vitesse excessive reste le danger majeur, c’est souvent le bruit qui attire l’attention des forces de l’ordre sur les engins trafiqués.

Non parce qu’à 14 ou 15 ans, on a rarement la maturité suffisante pour avoir la pleine conscience des risques auxquels on s’expose et auxquels on expose les autres usagers en roulant à vive allure.

Non parce qu’un engin trafiqué, surtout si c’est un modèle un peu ancien, risque de ne pas offrir la tenue de route et les capacités de freinage adaptées à de telles vitesses ! Les organes de sécurité (suspension, freins, pneumatiques) n’ont pas forcément été conçus pour cela. Et en cas d’événement inattendu sur la route, ça peut faire toute la différence.

Non parce que le conducteur n’est pas préparé à rouler aussi vite. La formation requise pour conduire un « moins de 50 cm3 » se limite au Brevet de sécurité routière. Or, piloter un deuxroues qui peut atteindre 100 km/h nécessite une formation pratique et théorique beaucoup plus poussée.

Amende, prison, confiscation…

Depuis le 5 janvier dernier, les sanctions concernant la vente d’un véhicule débridé ou de « kits » ont été alourdies (article 317/29 du code de la route). Cette infraction est devenue un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Les professionnels, eux, risquent en plus une interdiction d’exercice de cinq ans ! Ces derniers ont déjà eu l’occasion de prendre la mesure du changement puisque des concessionnaires de Grenoble, Foix et Toulouse ont été condamnés en ce sens , La Prévention Routière s’étant portée partie civile. Enfin, n’oubliez pas : pour celui qui roule avec un engin trafiqué, en plus de la contravention de 135 €, le risque est désormais de voir son deux-roues immobilisé, voire confisqué par les forces de l’ordre.

Plus d'informations sur www.preventionroutiere.asso.fr et www.agf.fr






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