2 Roues : Un mode de transport à utiliser avec prudence
Si les deux-roues motorisés font rêver les jeunes, ils constituent aussi un mode de déplacement dangereux. Et pour cause : ils cumulent tous les ingrédients du risque routier !
Les statistiques de la Sécurité routière le montrent bien : la courbe des accidents de la route des adolescents grimpe en flèche à partir de 14 ans. Ce n’est pas un hasard, c’est l’âge de l’accès au cyclomoteur – ce fameux «50 cm3 » qui représente pour eux la liberté d’aller et venir à leur guise. Le symbole d’une autonomie toute neuve, parfois détrôné dès l’âge de 16 ans par une petite moto de 125 cm3, plus puissante et plus rapide.
La prise de risque comme rite de passage
Pourquoi ne pas l’avouer ? Ces années sont difficiles à vivre pour les parents car, « cyclo » ou « moto légère », tous les facteurs de risque sont réunis. Ces engins sont objectivement plus dangereux que les autres moyens de transport puisqu’ils n’offrent aucune protection carrossée et qu’ils peuvent atteindre des vitesses élevées : jusqu’à 110 ou 120 km/h pour des « cyclos » débridés et bien plus pour les motos légères dont la vitesse n’est pas limitée (seule la puissance l’est). Une griserie irrésistible pour bien des adolescents…
On le sait bien : de tous temps et dans toutes les civilisations, les jeunes ont eu besoin de tester leurs limites. Aujourd’hui, ils le font sur la route. « La prise de risque sur la route constitue en quelque sorte un rite de passage», explique Jean-Pascal Assailly, docteur en psychologie, spécialiste du risque routier des jeunes. Reste à la limiter au maximum…
Débridage, inexpérience, vitesse, alcool…
Le problème, c’est que tout contribue à alourdir le tableau. À commencer par la formation, insuffisante au regard de l’utilisation qu’ils font ensuite de leur engin (voir pages 8-9). Mais même si celle-ci a été correcte, leur inexpérience les amène bien souvent à sous-évaluer les risques.
Des risques qu’ils prennent d’autant plus légèrement qu’ils ont le sentiment, propre à cet âge, d’être invulnérables. Résultat : l’alcool, le cannabis, la fatigue, la vitesse, des manoeuvres dangereuses se retrouvent fréquemment associés dans les accidents de jeunes en deux-roues motorisés. Prenons l’alcool : selon les statistiques de l’Observatoire interministériel de sécurité routière, alors que 18 % des automobilistes tués ont une alcoolémie excessive, le taux grimpe à 23,1% chez les motocyclistes et à 31,7% chez les conducteurs de cyclomoteurs !
En effet, la consommation d’alcool « pardonne encore moins » pour un deux-roues que pour une voiture. Les vitesses ? Les automobilistes se sont un peu calmés depuis trois ans, pas les « deux-roues » : ils sont encore entre sept et huit sur dix à dépasser systématiquement les vitesses autorisées. Le port du casque ?
S’il est désormais bien respecté par les motocyclistes, il l’est moins chez les cyclomotoristes : selon une étude du Centre européen d’études de sécurité et d’analyse des risques (Ceesar), la moitié d’entre eux l’oublient ou le portent de manière inadaptée (modèle non homologué, abîmé suite à une chute ou mal attaché et donc n’offrant pas la protection attendue).
Plus d'informations sur www.preventionroutiere.asso.fr et www.agf.fr