Les arbres identifient notre pays : peupliers alignés près de l’étang, haie autour des pâtures, tilleuls à l’entrée du village et rectangle du jeu de balle sur la place. Au-delà du paysage, voici une filière omniprésente, riche d’une variété de micro-sociétés, d’artisans de talent et de lieux magnifiques.

A tout seigneur tout honneur, visitons les massifs historiques où règne le hêtre : Crécy-en-Ponthieu, Wailly, Lucheux et la jeune plantation de pins du Marquenterre. Les Amiénois pratiquent la forêt de Creuse et Frémontiers, mais Crécy a ses lettres de noblesse : 4 300 hectares de hêtres blancs et de chênes destinés jadis à la marine royale. Selon qu’on s’y balade à pied, à vélo, à cheval, en auto, les circuits sont balisés de tons distincts (fiches éditées par le Conseil général, disponibles à l’office de tourisme). Le roi François 1er y chassait à courre, la tradition se poursuit et, de septembre à fin février, on tire en battue le sanglier et le chevreuil, ici, comme dans les petits bois, tous aussi giboyeux.

Certains arbres sont vénérés depuis l’antiquité comme les tilleuls d’Argoules et celui de Saint-Légerles- Domart qui fait 5 m de circonférence 27 sujets sont “classés”, comme l’arbre aux épousailles de Lucheux, le cèdre de Bernapré, le saule de plein champ à Moyencourt… Les avenues prolongeant la perspective du château à Bertangles, Arry, Quesnoy-sous- Airaines menaient au rendez-vous de chasse. Le parc de Ribeaucourt est sillonné de quatre allées majestueuses. A Suzanne, le marais recèle un entrelac d’aulnes et de saules qu’on peut admirer du belvédère de Vaux.

DE QUEL BOIS ON SE CHAUFFE

La forêt est aussi l’affaire d’une foule de PME familiales et de bûcherons qui oeuvrent seuls, sachant tomber un tronc à l’endroit prévu, au centimètre près. La filière recrute. “Ce métier est toujours une histoire d’amour, mais il évolue rapidement” assure Joël Patte, scieur à Occoches.

Il vient d’acheter une machine numérique qui usine vite des “charpentes en kit qu’il suffit d’assembler comme un puzzle.” L’engouement pour les maisons en bois favorise la Maison de Cèdre à Amiens, Coquart à Rue. La ferveur pour le bois s’étend aux boutiques, la spécialité de MAD à Amiens. Pour les ponts, bancs et berges de rivière, pensez à Marcanterra.

Le Conseil général soutient le développement du chauffage au bois, énergie saine et renouvelable. La mission bois-énergie compte un emploi pour 1 000 tonnes brûlées. Les crédits d’impôt et les aides de l’agence pour les économies d’énergie (ADEME) font effet. Tout est bon: coupes de haies, têtes d’arbres délaissées, copeaux de scieries… Les chaufferies automatiques de plaquettes bois sont prévues à l’hôpital Pinel, au Cap Hornu, sur les équipements publics de Montdidier, Corbie, Bray-sur-Somme. “Fournir du bois sec, de qualité, taillé à dimension, en grande quantité ou en petits sacs, c’est un nouveau service”, s’enthousiasme le jeune Paul Ducange, de La Rainnevilloise, première scierie certifiée AFNOR, qui se fournit en forêt domaniale.

Plus d'informations sur le site : www.somme.fr






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