Informer d’une manière complète et transparente sur les sujets environnementaux est rendu obligatoire par deux textes : la convention d’Aarhus et la directive européenne sur l’accès au public à l’information en matière d’environnement. Concernant cette dernière, son principe est inscrit dans la Constitution française avec de la Charte de l’environnement, adoptée le 28 février 2005.

De nouvelles problématiques

Depuis dix ans, 60 000 hectares ont été perdus par la nature : les zones dites "artificielles" continuent leur progression et couvrent désormais 8 % du territoire métropolitain. Pour contrecarrer cette extension, le Gouvernement a mis en place un groupe de travail sur la reconquête du "péri-urbain". Nelly Olin prévoit de réunir dans les semaines qui viennent le Conseil national du paysage afin de lui présenter un plan allant dans ce sens.

Cependant, les problématiques actuelles sont, selon Nelly Olin, "moins visibles et plus insidieuses" (voir son discours, au format pdf). "On voit aujourd’hui à la fois moins de tronçons de cours d’eau de très mauvais qualité, mais aussi beaucoup moins de lieux où les milieux aquatiques sont en très bon état, signe d’un recul général des ressources naturelles", a ajouté la ministre.

Certains problèmes, moins présents dans les précédents rapports, sont plus visibles aujourd’hui. Par exemple, des produits phytosanitaires sont parfois repérés dans l’air autour des agglomérations et de nouveaux polluants, comme les médicaments, apparaissent dans les eaux.

Pour Nelly Olin, la loi sur l’eau donne le signal d’une reconquête du bon état écologique des milieux aquatiques. Le texte suivra notamment le lancement, en juillet dernier, d’un plan de réduction des risques liés à l’utilisation de pesticides.

Un prise de conscience nécessaire autour de trois enjeux majeurs

Au-delà du respect de la réglementation, "la prise de conscience, par chaque citoyen, du rôle qu’il joue dans la bonne santé de notre environnement, permettra de faire face à ces nouvelles problématiques", a estimé la ministre. C’est une telle prise de conscience qu’appelle le pacte national pour l’environnement proposé par le Premier ministre le 4 octobre 2006.

En relevant les prix de rachat de l’électricité d’origine renouvelable, le Gouvernement est décidé à en encourager la production. En 2010, 21% de la consommation intérieure devra en être issue. De fait, l’éolien progresse de plus de 40 % par an depuis 2003 et 7 % de biocarburant seront intégrés dans les carburants d’ici 2010. La mise en place du E85 dès 2007 devrait encore accélérer cette montée en puissance et la France proposera que les futures normes européennes d’émission des véhicules intègrent le CO².

Outre la lutte contre le changement climatique, le rapport de l’Ifen met en garde contre une érosion de la biodiversité. Des espèces, qui hier étaient banales, pourraient à l’avenir devenir rares : les populations d’oiseaux communs des milieux agricoles ont, par exemple, reculé de 27 % au cours de ces quinze dernières années.

Enfin, la raréfaction des ressources non renouvelables explique la volonté du Gouvernement de créer des filières de recyclage des déchets. Quant aux déchets non recyclés, ils devront passer de 290 kg par habitant et par an à 250 kg dans 5 ans et 200 dans 10 ans.

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