De plus en plus vite, la planète perd en diversité biologique : d’ici la fin du siècle, 25 à 50 % de toutes les espèces pourraient disparaître. Un taux de disparition mille fois supérieur au taux normal. "Malheureusement, dans les pays développés on réduit parfois la conservation de la diversité biologique à celle d’espèces symboliques, comme les grands prédateurs, les dauphins, ou encore les plantes menacées. C’est bien naturel, mais c’est loin d’être suffisant. Derrière ces espèces emblématiques, se profilent en effet toutes les autres espèces, celles que nous connaissons et surtout celles qui nous restent à découvrir", a souligné la ministre dans son discours.

Or, les conséquences sont dramatiques pour la nature, mais aussi pour les populations les plus pauvres du globe dont l’alimentation, les médicaments et l’énergie proviennent des ressources naturelles. Il s’agit là de pays dont 25 % du total des richesses proviennent de l’environnement, contre 4 % pour les pays de l’OCDE.

Perte de la biodiversité : un obstacle au développement

Réduction de la pauvreté et conservation de la biodiversité sont donc deux défis étroitement liés qui concernent des domaines extrêmement divers : alimentation, gestion de l’énergie, matériaux de construction, médicaments, fertilité des sols, purification de l’eau et contrôle des inondations et de l’érosion. Des éléments qui, parfois, entrent en conflit avec les projets de développement : "Ces priorités à court terme, tout à fait légitimes, conduisent parfois, hélas, à la détérioration du patrimoine biologique de ces pays et sont un obstacle sérieux à leur développement à long terme", a estimé Nelly Olin.

A l’issue de la conférence, les participants ont lancé un "message de Paris" à destination du Conseil des ministres de l’Union européenne. Ce signal exprime la préoccupation quant au déclin des services fournis par les espèces et les écosystèmes. Les résultats de leurs travaux doivent contribuer aux efforts visant à atteindre l’Objectif Biodiversité 2010 et les Objectifs du Millénaire pour le développement 2015. Mais pour Nelly Olin, "face à l’urgence, nous devons aujourd’hui accélérer le mouvement".

La France s’est déjà dotée d’une "stratégie nationale en faveur de la biodiversité". Nelly Olin en présentera les trois derniers plans prochainement, en Conseil des ministres.

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