Une troisième étape dans la lutte pour l’emploi
Dominique de Villepin a présidé, le 31 août, un séminaire gouvernemental à Troyes. Il y a tenu sa 14ème conférence de presse mensuelle et ouvert un troisième volet du plan-emploi.
Lors de son intervention, le Premier ministre a tenu à souligner les derniers chiffres enregistrés par l’économie française. Avec une croissance évaluée à 2 %, la France compte 310 000 chômeurs en moins depuis juin 2005 et passe sous la barre des 9 % de taux de chômage.
Les nouvelles mesures annoncées "visent toutes à ramener vers l’emploi tous ceux qui en sont les plus éloignés", qu’il s’agisse de jeunes sans qualification, de jeunes diplômés de ZUS ou de chômeurs de longue durée. Ces mesures constituent la troisième étape du plan emploi déjà entamé par le Gouvernement.
A ce titre, au regard des "contraintes particulières" rencontrées par les entreprises de taille réduite, le Gouvernement souhaite "avancer vers la suppression de toutes les charges au niveau du SMIC pour les entreprises de moins de 20 salariés". Une mesure que Dominique de Villepin juge "utile pour l’emploi" et qui fera l’objet d’un dialogue avec les Parlementaires et les partenaires sociaux.
Par l’intermédiaire du Plan "croissance PME", un effort complémentaire sera mené en septembre 2006 pour les entreprises de 20 à 500 salariés, dont le nombre a été jugé insuffisant dans l’hexagone. Il introduira un statut de l’entreprise dite "de croissance" et les formalités administratives seront réduites. Enfin, le financement du développement des PME sera rendu moins risqué.
De nouvelles mesures pour l’emploi
Dans la série de mesures présentées, Jean-Louis Borloo a choisi cinq orientations :
- La création d’entreprise par les demandeurs d’emploi doit être favorisée. Ici, le ministère de l’Emploi avance les chiffres du Conseil d’orientation pour l’emploi pour qui la suppression des allègements de charges conduirait à la destruction de 800 000 emplois. En utilisant le levier de la baisse des charges et en simplifiant l’accès aux aides, Jean-Louis Borloo fait le pari que les chômeurs, créant plus facilement une entreprise, vont à leur tour embaucher.
- Les actions préparatoires au recrutement viseront, dès fin 2006, à résorber un déséquilibre entre des offres d’emploi non satisfaites et les demandeurs d’emploi qui ont des compétences proches de celles requises. Ces actions dureront 3 mois à l’issue desquels les entreprises s’engagent à embaucher le demandeur d’emploi dans le cadre d’un contrat durable.
- Sans pour autant ajouter de nouveaux dispositifs, le Gouvernement estime possible d’agir plus efficacement pour l’emploi. C’est le cas dans les zones urbaines sensibles (ZUS), où il prévoit de concentrer les moyens et de mobiliser les acteurs. Dans les ZUS, les préfets organiseront des "groupes solidarité emploi" ciblant leur action en direction des peu qualifiés, des jeunes n’ayant jamais bénéficié d’une orientation et contre les discriminations liées à l’habitat.
- Il sera possible, avant même la fin de l’année 2006, d’accompagner la signature d’un contrat d’avenir d’une "prime de cohésion sociale" versée à l’employeur qui embauchera un chômeur de très longue durée âgé de plus de 50 ans.
- Enfin, pour améliorer l’accès des jeunes vers l’emploi, le Gouvernement mise sur une meilleure transition entre études et vie active. Pour cela, un "service public de l’orientation" verra le jour : de la fin du collège à la troisième année d’université, son action devra être cohérente avec les perspectives d’insertion professionnelle. Dès la rentrée 2006, un délégué interministériel à l’orientation et à l’insertion professionnelle sera chargé de mettre en place un schéma national d’orientation et d’insertion professionnelle.
Le pouvoir d’achat, suite logique de la lutte contre le chômage
Cette lutte contre le chômage, le Gouvernement veut l’associer à plus de sécurité en matière de pouvoir d’achat. Sa méthode est triple :
- Il s’agit d’abord d’associer les salariés aux résultats de l’entreprise. C’est la raison pour laquelle sera examiné dès cet automne un projet de loi sur le "développement de la participation et de l’intéressement". Les salariés recevront un dividende du travail sous forme de distribution d’actions gratuites. Pour le Premier ministre, c’est là "un gage de justice et de motivation" pour les salariés.
- C’est ensuite un soutien aux revenus les plus modestes. La prime pour l’emploi augmentera en 2007 pour atteindre 940 euros, au niveau du SMIC, contre 540 euros actuellement. Cette mesure s’accompagnera d’une réflexion concernant les hausses de SMIC et les "dérives de certaines formes de rémunération particulièrement élevées".
- Enfin, le Gouvernement prépare la mise en place d’un "chèque transports" pour le 1er janvier 2007. Il discutera avec les partenaires sociaux de son application concrète. Il devra être simple, efficace et respecter les contraintes environnementales.
Leitmotiv de son action pour les mois à venir, le dialogue social doit devenir une "marque de fabrique" du Gouvernement, selon les mots du Premier ministre. Un dialogue social qui, pour lui, "n’a jamais trouvé son équilibre dans notre pays" et qui est pourtant "une condition d’amélioration de notre modèle social". A ce sujet, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher ont commencé les consultations avec les partenaires sociaux, notamment sur l’idée d’un "temps réservé à la négociation".
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