La conférence internationale sur le Liban, du 26 juillet à Rome, réunissait une quinzaine de pays, auxquels s’ajoutaient des représentants de l’ONU et de l’Union européenne. Alors que les opérations de rapatriement se poursuivent, le ministre y a présenté un plan visant à mettre un terme à la crise israélo-libanaise. L’objectif principal est de parvenir au déploiement d’une force internationale de sécurité au Liban sud à laquelle la France "peut être amenée à participer".

Cette conférence a été l’occasion pour la délégation française de faire une série de propositions : "Il s’agit des premières esquisses d’une résolution que la France proposera au Conseil de sécurité des Nations unies pour un cessez-le-feu, pour un arrêt des hostilités, d’abord, et pour une négociation politique, ensuite", a déclaré le ministre lors d’un entretien avec "France Info".

Un plan en quatre points

Concernant les hostilités entre Israël et le Hezbollah, Philippe Douste-Blazy avait réclamé leur "arrêt immédiat". Les participants à la conférence de Rome se sont finalement mis d’accord pour demander un cessez-le-feu "durable, permanent et viable".

La Force internationale qui pourrait être déployée sur place serait soumise à deux conditions : D’une part, elle devra suivre et non précéder un accord politique conclu entre toutes les parties concernées et son mandat devra être "très clair". "Cela ne peut venir qu’après, une fois les conditions politiques définies et il appartiendra à la communauté internationale, dans le cadre des Nations unies, de définir exactement le format que devra prendre cette force", déclarait le Premier ministre lors d’un point presse tenu le 25 juillet. C’est d’ailleurs ce que prévoient les conclusions de la conférence de Rome : "Une force internationale au Liban doit recevoir de manière urgente un mandat de l’ONU, afin de soutenir les forces armées libanaises dans la sécurisation du territoire".

La résolution 1559 des Nations unies prévoit le désarmement des milices libanaises, dont le Hezbollah, et le règlement de la question des frontières, comme dans le cas de la zone des fermes de Chebaa. Dans une interview au journal "’Le Monde" le 26 juillet, le Président de la République a demandé son "application réelle". Tout accord politique passe "par le déploiement de la force libanaise au sud du Liban, à la frontière israélo-libanaise, pour être sûr que dans cette région, le Hezbollah n’envoie plus de roquettes sur Israël", a précisé Philippe Douste-Blazy.

Enfin, le plan français prévoit des garanties de sécurité : le ministre des Affaires étrangères a souhaité le "désarmement du Hezbollah" et l’apport d’une solution à la question des prisonniers : "Libération sans condition des deux soldats israéliens détenus par le Hezbollah et (...) règlement de la question des prisonniers libanais qui sont aujourd’hui dans les prisons israéliennes". Pour Jacques Chirac, une force internationale n’a pas vocation à désarmer le Hezbollah : selon lui, "c’est au gouvernement libanais de le faire"

Poursuite du dispositif de rapatriement volontaire

Le Quai d’Orsay faisait savoir, le 26 juillet, que "6 500 français et 1 650 ressortissants étrangers" avaient pu quitter le Liban grâce au dispositif mis en place, notamment avec les navires militaires BPC Mistral et Siroco.

Les ressortissants français acheminés vers Mersin (Turquie) et Larnaca (Chypre) durant ces derniers jours seront rapatriés vers l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle sur des vols affrétés par le ministère des Affaires étrangères. D’autres rotations entre Beyrouth et Larnaca sont envisagées pour la journée du 28 juillet.

Sur le plan humanitaire, le Président de la République a donné des indications : il a demandé que "15 millions d’euros supplémentaires soient affectés à l’aide humanitaire au Liban". La conférence internationale de Rome a donné son soutien à la réunion d’une "conférence des donateurs" pour permettre à l’économie libanaise de repartir.

Le bilan de l’action de la France

Le 29 juillet, le ministre des Affaires étrangères a tenu un point presse afin de faire un bilan de la situation humanitaire au Liban. Le dispositif mis en place par la France a permis le rapatriement de 10 500 personnes, dont 8 500 de nationalité française. Le 28 juillet, l’opération s’est poursuivie, permettant à plus de 2 000 personnes, en très grande majorité des Français, de quitter le Liban. Un numéro vert d’information a été mis en place (0 800 174 174 ou 33 1 55 92 26 67 de l’étranger).

Philippe Douste- Blazy a rappelé que les efforts doivent également être poursuivis en ce qui concerne l’eau et l’assainissement, les médicaments pour les enfants, l’assistance médicale de manière générale, et l’aide alimentaire.

Pour cela, des moyens ont été déployés :

  • une tonne de médicaments doit être acheminée, répondant ainsi à la demande de l’Ordre de Malte et du ministère de la Santé libanais ;
  • 15 millions d’euros supplémentaires seront affectés à l’aide humanitaire, sur demande du Président de la République ;
  • 1 million d’euros d’aide alimentaire a été envoyé, et l’acheminement des produits considérés comme prioritaires est en cours de préparation.

Le travail humanitaire de la France se fait en collaboration avec des organisations des Nations unies telles que l’UNICEF, le HCR, ainsi que des ONG présentes sur le terrain : la Croix Rouge, Médecins du Monde. .. Le ministre des Affaires étrangères a ainsi pu souligner leur compétence et leur efficacité.

Philippe Douste-Blazy a enfin annoncé que la France présenterait un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations unies dans les prochains jours. Projet qui "traduira notre conception, la conception de la France, d’une sortie de crise durable".

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