Une poignée de députés menée par MM. Georges Fenech et Philippe Vuilque bouscule l’agenda parlementaire en faisant approuver par la Commission des lois de l’Assemblée nationale le projet de création de commission d’enquête parlementaire sur le thème « Sectes et Enfance » puis, à une semaine d’intervalle, en faisant voter ce projet par l’assemblée elle-même.

Rien dans l’actualité ne justifie la création d’une telle commission d’enquête. Bien au contraire ! Dans le « Guide de l’agent public face aux dérives sectaires, publié par la MIVILUDES début 2005, il est écrit : « Toutefois, le nombre de mineurs en danger est relativement faible au plan national (une enquête a montré en 2003 que sur 54000 dossiers d’assistance éducative, seuls 192 présentaient un lien avec une problématique sectaire) ».

Le 23 juin 1998, un ensemble de fiches avait été envoyé à 32 Conseils généraux sur la situation présumée d’enfants dans des groupes dits « sectaires ». Les réponses des Conseils généraux suite aux enquêtes de terrain effectuées par les services sociaux ne révélaient aucune difficulté particulière.

Lors de son intervention le 6 septembre 2005 à l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre a déclaré, en réponse à une question posée par Philippe Vuilque, président du Groupe parlementaire d’étude sur les sectes : « Les cas de maltraitance physique ou psychologique de mineurs en relation avec l’appartenance d’un ou des parents à un mouvement dit à caractère sectaire sont exceptionnels. »

Il existe d’autres situations très préoccupantes pour les jeunes qui justifieraient amplement la création d’une commission d’enquête parlementaire :

Drogues :

Cannabis : selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (http://www.ofdt.fr), un tiers des adolescents de 17-18 ans (26 % des filles et 38 % des garçons) déclarent avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois.

Cocaïne : en 2003, parmi les jeunes âgés de 17 ans, l'expérimentation de la cocaïne s'élève à 1,1 % chez les filles et à 2,0 % chez les garçons. Ces chiffres apparaissent en hausse par rapport à 2000, date de la première enquête ESCAPAD (Enquête Santé et Consommation au cours de l’Appel de Préparation à la Défense), chez les filles (0,6 % en 2000) comme chez les garçons (1,3 % en 2000).

Ecstasy et amphétamines : Les données issues d'ESCAPAD en 2003 montrent que parmi les jeunes âgés de 17 ans, 3,5 % des filles et 6,5 % des garçons déclarent avoir consommé de l'ecstasy au moins une fois dans leur vie. Par rapport à l'enquête menée en 2000, ces taux ont légèrement augmenté, tant chez les filles (2,0 % en 2000) que chez les garçons (4,2 % en 2000)

Champignons hallucinogènes : les données issues d'ESCAPAD en 2003 montrent que parmi les jeunes âgés de 17 ans, 2,0 % des filles et 4,9 % des garçons déclarent avoir consommé des champignons hallucinogènes au moins une fois dans leur vie.

Pornographie :

Accès massif des mineurs en bas age aux films pornographiques. Phénomène révélé par le CSA.

Suicide :

En France, 5.324 décès d'adolescents de 15 à 24 ans ont été dénombrés pendant l'année 1995, soit un taux de mortalité de 66 pour 100.000. Les suicides représentent une part non négligeable de l'ensemble des morts concernant les adolescents : 11 % des décès survenus de 15 à 19 ans, 17 % pour les 20-24 ans, à comparer avec les 2 % de morts volontaires dans l'ensemble de la population.

Donc, une fois de plus, une poignée de parlementaires tente de focaliser l’attention sur les minorités de convictions ou les minorités religieuses et spirituelles.

Le résultat avec les commissions précédentes a été invariable : une mise en cause du fait religieux, ne visant pas uniquement les minorités de conviction, mais tout engagement profond et sincère dans une démarche religieuse ou spirituelle.

Suite à la publication des rapports parlementaires précédents contre les minorités de conviction, des activités comme : le scoutisme, les retraites religieuses de jeunes, des groupes de prières, aborder les passants dans la rue pour témoigner de ses croyances, etc … sont devenues suspectes.

Le rapport de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU sur la liberté de religion ou de conviction, publié le 8 mars dernier, critique sévèrement la France pour « la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises qui ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conscience de membres de ces groupes a été indûment restreint. »

Ce projet de nouvelle Commission d’enquête parlementaire sur les minorités de conviction aboutira à une nouvelle attaque en règle contre le fait religieux en France.

Contact : Thierry Bécourt – Tel : 06 84 52 76 29

mail: iera.thierry@free.fr

Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience

Site Internet : http://www.coordiap.com

Adresse : 12, rue Campagne Première – 75014 Paris.




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