L’attractivité de la Franche-Comté
Entre 1975 et 1999, le solde migratoire de la population de la région est négatif. Sur cette période, la Franche-Comté a enregistré 65 000 départs de plus que d’arrivées. Toutefois, le déficit migratoire s’est nettement réduit entre 1990 et 1999. Cette évolution conjuguée à un solde naturel excédentaire, a permis à la population régionale de progresser de 57 000 habitants en 30 ans.
La Franche-Comté retient « normalement » ses actifs de 30 à 60 ans, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, ses retraités et même ses étudiants de 1er et 2e cycle. En revanche, la région attire très peu sur l’extérieur. Quelle que soit la catégorie de population, la Franche-Comté se situe souvent dans les dernières positions pour le taux d’attraction. La même constation peut se faire pour les entreprises : les transferts d’établissements avec les autres régions métropolitaines sont peu importants, les départs sont peu nombreux mais les arrivées encore moins.
La position géographique de la Franche-Comté n’est pas étrangère à cette situation. En effet, en France, les régions situées près du littoral méditerranéen ou atlantique sont les plus attractives, à l’inverse des régions du Nord ou de l’Est. Parmi les régions du quart Nord-Est, la Franche-Comté affiche des déficits relativement modérés. Seule l’Alsace exerce une certaine attractivité.
L’absence de grands centres urbains ne favorise pas la présence d’emplois métropolitains supérieurs. Les centres de décision que sont les sièges d’entreprises sont proportionnellement peu nombreux et certains services aux entreprises comme le conseil et la conception informatique semblent insuffisamment développés. Si la région présente une offre de formations conforme à sa taille, elle offre néanmoins peu de formations de troisième cycle, ce qui explique la migration de deuxième et surtout de troisième cycle à migrer vers les grand pôles universitaires.
La difficulté pour la capitale régionale de rayonner sur l’ensemble de sa région et, a fortiori, au-delà des frontières régionales explique ainsi en partie le déficit d’attractivité de la Franche- Comté.
La Franche-Comté a l’image d’une région d’industrie traditionnelle. Héritage du passé, cette image est encore justifié aujourd’hui par un poids de l’emploi industriel très supérieur à la moyenne nationale. Assez mal positionnée sur les secteurs à plus forte valeur ajoutée à l’exception des industries mécaniques, mal placée sur les secteurs les plus rémunérateurs (énergie, services informatiques ou financiers), la région ne dispose pas d’une spécialisation pouvant lui conférer une « nouvelle » image et avoir un effet d’entraînement sur le reste de l’économie. Au-delà de l’accessibilité qui est toujours privilégiée, la décision d’implantation de nouveaux établissements repose également sur l’image renvoyée par la région.
Le tissu économique franc-comtois fait ainsi peu de place aux cadres et aux emplois tertiaires supérieurs, ce qui a un effet négatif sur l’attraction ou la rétention des jeunes actifs les plus diplômés.
Ce manque d’attractivité contribue à la spécialisation du tissu productif. En matière de tourisme et comme beaucoup de régions françaises, la Franche-Comté dispose d’un potentiel important. Cependant, elle ne fait pas partie ni des sept régions françaises situées le long du littoral méditerranéen ou atlantique ni du massif alpin qui concentrent les deux tiers de l’activité touristique. La région ne dispose pas non plus de sites capables de rayonner largement au-delà des frontières et qui participent à donner une identité à la région.
Malgré cette faible attractivité de la région, que ce soit en terme de personnes ou d’entreprises, la Franche-Comté possède pourtant des atouts, qu’il convient peut-être de mieux valoriser.
Sur le plan de la formation tout d’abord, la Franche-Comté possède l’une des trois universités technologiques de France. C’est également une région qui compte de nombreux étudiants en école d’ingénieurs. L’implantation de ces établissements et la nature des formations qu’ils dispensent montrent une volonté de cohérence avec le tissu économique local. La région se place au 9e rang pour la part des diplômés ayant au minimum un bac+2.
Sur le plan économique ensuite, le taux de survie des entreprises francs-comtoises, cinq ans après leur création, est l’un des plus élevés de la métropole. Ceci est le reflet de créations sans doute mieux préparées, notamment en terme de capital de départ ou de niveau de formation du créateur. Le taux de chômage régional, inférieur depuis plus de vingt ans au taux national, une durée d’inscription au chômage plus courte comparée à la moyenne obesrvée en métropole, et ce quel que soit l’âge, témoignent d’un marché du travail plus fluide que dans dans de nombreuses autres régions.
En matière d’environnement, la région présente l’image d’une région verte : 43% de surface boisée, moins de 1% des établissements classées SEVESO et historiquement de bons indices de qualité de l’air à Besançon. Dans un contexte de préoccupation croissante des questions environnementales, tous ces indicateurs sont autant d’éléments favorables à l’attractivité de la région.
Document disponible à la Direction régionale de l'Insee Franche-Comté et consultable sur le site www.insee.fr/fc (rubrique publications)
Pour tout renseignement, vous pouvez contacter
Nathalie Girard au 03 81 41 25 93
Mél. : nathalie.girard@insee.fr
ou Patrice Perron au 03 81 41 61 78
Mél. : patrice.perron@insee.fr
Diffusez vous aussi votre communiqué de presse sur Publiciblog
Les 5 derniers articles publiés sur Publiciblog :
- Bayrou 2012 : Mesures exceptionnelles pour l'emploi
- Bayrou 2012 : Produire en France
- Bayrou 2012 : objectif équilibrer le budget
- UMP 2012 : Priorité aux PME dans le financement des entreprises
- Projet UMP 2012 : Préparer l’avenir en finançant l’innovation