Pour le ministre des Affaires étrangères, "le premier chantier de modernisation concerne nos outils d’influence dans le domaine culturel et artistique". Le Gouvernement cherche à fédérer les moyens des ministères des Affaires étrangères et de la Culture. Il veut ainsi accroître l’efficacité de la promotion de la culture française dans le monde et de la rendre plus lisible. Il s’agit aussi de promouvoir la diversité culturelle et de contribuer à l’émergence d’une Europe de la Culture.

Pour y parvenir, une agence unique, "Culture France", sera créée. Etablissement public, elle sera dotée d’un budget de 30 millions d’euros et regroupera des associations agissant aujourd’hui en tant qu’opérateurs des deux ministères.

Le deuxième grand objectif, l’attractivité des établissements supérieurs français, aura lui aussi son agence : "Campus France". Pour les étudiants étrangers, les procédures de demande de visa et d’inscription papier sont sans lien, longues et peu compréhensibles. A ce titre, le rôle de Campus France sera d’établir un traitement en ligne, clair et convivial des demandes. Il agira aussi pour la promotion à l’étranger des cursus français, pour la mobilité des chercheurs et les partenariats inter-universités. C’est dans le même but de favoriser "l’accueil et l’accompagnement des meilleurs étudiants étrangers" que le ministère des Affaires étrangères a signé une convention de partenariat public-privé avec le groupe Thalès.

Relancer la langue française, rassembler les acteurs du développement

Le Gouvernement cherche aussi à prendre de nouvelles initiatives pour l’apprentissage du français. Lors d’une conférence de presse, Philippe Douste-Blazy a souhaité que la France procède à "l’extension des lycées français à l’étranger". Le Quai d’Orsay estime que cela passera par une augmentation de leur capacité d’accueil et un recours aux partenariats public/privé.

Le Gouvernement voudrait aussi remédier au recul du français au sein des institutions de l’Union européenne, tout en défendant la diversité linguistique sur la scène mondiale. Il soutiendra pour cela un plan de formation en français des fonctionnaires européens, notamment au sein des pays candidats.

Le "plan de relance du français" mobilisera près de 50 millions d’euros en 2006/2007 et fera plus systématiquement appel aux technologies de l’information et de la communication. Parmi les mesures concrètes envisagées, on trouve la création de "pôles pédagogiques de référence" au Maghreb, où le français recule. A l’échelle mondiale, c’est un plan triennal de formation de 10 000 professeurs de français qui doit être lancé.

M. Douste-Blazy a enfin annoncé un "quatrième chantier, celui du développement". Une "Alliance pour le développement" rassemblera les initiatives du secteur public et du secteur privé autour de projets communs de solidarité internationale, comme dans le domaine de la santé et de l’accès à l’eau. Il s’agit là d’augmenter la somme des moyens consacrés au financement du développement dans le cadre des Objectifs du millénaire en rendant complémentaires les dons, d’une part, et les aides par les mécanismes du marché, d’autre part.

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