Les programmes scolaires ont connu depuis plus d’un siècle de nombreuses modifications. Le projet présenté par le ministre de l’Education vise donc à y voir "plus clair" et à leur rendre, aux yeux des acteurs de l’éducation, cohérence, logique et finalités. Le socle commun de connaissances est né de la loi d’orientation pour l’école du , c’est "ce qu’il a l’obligation absolue de transmettre à tous les adolescents avant 16 ans, quel que soit le parcours de l’élève, y compris l’apprentissage", a souligné lors d’une conférence de presse le ministre de l’Education.

A l’origine du projet, il y a les recommandations du Haut Conseil de l’Education rendue à Gilles de Robien le 23 mars 2006. Dans le rapport du HCE, trois constats : de nombreux élèves sont exclus des savoirs de base, les enfants de milieux défavorisés connaissent plus l’échec que les autres et la violence à l’école reste à un niveau jugé inacceptable.

Gilles de Robien a repoussé l’idée qu’il s’agissait pour le Gouvernement de "limiter l’enseignement à un minimum vital". Face au constat du HCE, le ministère de l’Education se fixe trois objectifs :

  • accession à la liberté et à la responsabilité,
  • insertion dans le monde du travail,
  • formation tout au long de la vie.

De la maîtrise de la règle de trois à l’exercice du raisonnement

Pour les remplir, le Gouvernement s’apprête à reprendre cinq piliers déjà définis par le législateur et à en ajouter deux :

  • La maîtrise de la langue française, "le socle du socle",
  • Les principaux éléments des mathématiques et la culture scientifique,
  • Une culture humaniste et des repères historiques, géographiques, artistiques,
  • Pratique d’une langue étrangère,
  • La maîtrise des TIC.

Mais aussi, sous l’impulsion du HCE :

  • Des compétences sociales et civiques et l’"apprentissage du vivre ensemble",
  • Autonomie et initiative, pilier regroupant les "connaissances nécessaires à une bonne orientation de l’élève".

Chaque pilier vise à faire passer l’élève de la connaissance d’un élément de savoir à des capacités, puis à des attitudes. Ces "paliers" seront soumis à évaluation. Ainsi, à l’école élémentaire, l’évaluation du premier palier concernera les "apprentissages fondamentaux" que sont l’écriture et la lecture courante, avant de laisser la place à un second palier consacré, lui, à la validation des connaissances notamment en grammaire, conjugaison et calcul.

Pour Gilles de Robien, le socle commun des connaissances n’est pas un aboutissement mais un tremplin. Il arrive à un moment clé, où les voisins européens de la France procèdent à des réformes similaires. Sur le plan européen, ce projet du ministère de l’Education prend aussi appui sur les recommandations du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne. Le texte présenté par Gilles de Robien a été transmis mardi 9 mai au HCE pour avis. Il sera présenté devant le Conseil supérieur de l’éducation et devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

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