Prendre une longueur d'avance avec l'apprentissage
"Avec l’apprentissage, prenez une longueur d’avance" : c’est le nom de la campagne lancée mercredi 3 mai 2006 par le ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement. Le Gouvernement veut continuer à changer ainsi l’image de l’apprentissage, avant de passer à la vitesse supérieure : développer l’apprentissage chez les plus jeunes, dans les grandes entreprises et au sein de l’enseignement supérieur.
L’apprentissage est encore trop marginal au sein des entreprises : pour les inciter à recruter et à former des apprentis, le Gouvernement a choisi ces outils : un crédit d’impôt compris entre 1600 à 2200 euros par apprenti et par an, un accord cadre national signé par 24 branches professionnelles le 19 avril 2005. Aujourd’hui, ce sont près de 1000 entreprises qui ont adhéré à la charte de l’apprentissage. Parmi elles, les entreprises du CAC 40 ont promis d’"augmenter le nombre d’apprentis de plus de 20 % en deux ans", ce que souligne une communication du ministère du Travail présentée mercredi 3 mai 2006 en Conseil des ministres.
En ajoutant 186 millions d’euros en 2005 aux ressources consacrées à l’apprentissage, le Gouvernement a pu financer les engagements de l’Etat dans les 23 contrats d’objectifs et de moyens en faveur du développement de l’apprentissage.
Le non assujettissement à l’impôt sur le revenu du salaire de l’apprenti a, lui, favorisé le choix de l’apprentissage. Mais plus encore, l’aide au financement des frais de déplacement, d’hébergement ou d’acquisition d’outillage et d’équipement a "permis de lever les difficultés matérielles auxquelles les apprentis sont concrètement confrontés".
Ce sont là les leviers engagés par l’Etat dans le cadre du plan de cohésion sociale. A ce titre, le ministère du Travail a déjà annoncé une augmentation du nombre d’apprentis : de 356 000 en mars 2005 à 382 000 en mars 2006. Changement significatif : dans le secteur marchand, 30 % sont des femmes, un chiffre qui monte à 41 % dans le secteur public. Mais en matière d’apprentissage, Jean-Louis Borloo souhaite entrer dans une nouvelle phase de l’action gouvernementale.
Un parcours de découverte des métiers dès 14 ans
En proposant aux 14 ans et plus un parcours de découverte des métiers sans toucher à l’obligation scolaire et en maintenant un possible retour à l’école, le Gouvernement vise un autre mode de formation initiale. Impliquant les Régions, la mesure devrait mobiliser 20 millions d’euros en 2006.
Ensuite, il s’agit de permettre à deux fois plus d’étudiants de l’enseignement supérieur de devenir apprentis d’ici 2010, "en particulier dans les universités".
Mais ce que recherche avant tout le Gouvernement, c’est à développer l’apprentissage dans les grandes entreprises : de 0,5 % des effectifs, il souhaite que le pourcentage d’apprentis au sein des entreprises de plus de 250 salariés passe à 1 % en 2006, 2 % en 2007 et 3 % les années suivantes. Les employeurs qui n’atteignent pas ces seuils verront le taux de leur taxe d’apprentissage porté à 0,6 %, contre 0,5 % actuellement.
Suite au Conseil des ministres du 3 mai 2006, le ministère du Travail annonçait que "l’objectif du Gouvernement qui est de parvenir à un nombre de 500 000 apprentis (soit une augmentation d’un tiers de l’effectif) serait atteint en trois ans, au lieu des cinq ans initialement prévus".
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