Le président avait commencé son allocution par le rappel de sa précédente intervention sur le sujet, il y a un an, alors que plus de 12 millions d'Irakiens s'étaient récemment rendus aux urnes et, selon lui, avaient manifesté leur choix en faveur d’« une nation unifiée et démocratique ».

M. Bush a ensuite consenti à reconnaître des erreurs dans le gestion des événements. Il a confessé que l'idée d'élections comme ciment de la nation irakienne et d'un bon entraînement des forces de sécurité irakiennes par les forces américaines ne suffisaient pas, et que la perspective de pouvoir accomplir la « mission » avec « peu de troupes » était illusoire.

Il en a fait peser la responsabilité principale sur « les terroristes d'Al-Qaida et les rebelles sunnites » pour la cause desquels, selon ses vues, les élections irakiennes auraient représenté « un danger mortel ». L'attentat perpétré le 22 février 2006 contre la mosquée d'Or de Samarra, haut lieu du chiisme, aurait ensuite servi de prétexte à un enchaînement de représailles et de violences interconfessionnelles.

Durant toute cette période, les troupes américaines auraient accompli tout ce que l'exécutif américain leur demandait de faire, et le président de conclure : « là où des erreurs ont été commises, la responsabilité m'en incombe ».

George W. Bush a ensuite évoqué la nécessité d'un changement de stratégie, et les longues conversations avec le conseil national de sécurité, les commandants militaires, des diplomates, des membres du Congrès, tant républicains que démocrates, les gouvernements amis des États-Unis, et divers experts de haut niveau.

Il a tenu à citer le groupe d'étude sur l'Irak, commission bipartisane dirigée par l'ancien secrétaire d'État républicain James Baker et Lee Hamilton, ancien représentant démocrate de l'Indiana, en estimant avoir « tiré bénéfice de leurs recommandations ».

M. Bush a ensuite estimé que, quels que soient ses interlocuteurs, tout le monde était tombé d'accord sur le constat selon lequel il n'y aurait « pas de formule magique pour assurer le succès en Irak » et qu'un échec dans ce pays serait « un désastre pour les États-Unis », qui renforcerait les extrémistes islamiques radicaux et par lequel l'Iran serait « encouragé dans son désir d'acquisition de l'arme nucléaire ». La région deviendrait alors, selon les vues du président américain, un havre de sécurité à partir duquel les ennemis des États-Unis pourraient « planifier et lancer des attaques contre le peuple américain ».

La partie la plus visible du plan de M. Bush réside dans son volet « humain », avec l'annonce de l'envoi progressif, à partir du 15 janvier, de 21 500 hommes répartis en deux contingents : un premier contingent de 4 500 hommes qui sera déployé dans la province d'Anbar, à l'ouest de l'Irak, tandis que le gros des troupes, soit 17 500 hommes, au sein de cinq brigades, serait déployé dans la région de Bagdad puisque, selon lui, 80 % des « violences interconfessionnelles » seraient commises dans un rayon de moins de 50 kilomètres autour de la capitale.

M. Bush a ensuite dressé la « feuille de route » des renforts américains à Bagdad, destinés à assurer une présence permanente dans des quartiers où, jusqu'ici, faute de myens humains suffisants, l'armée américaine et les troupes régulières irakiennes ne faisaient que des incursions temporaires, laissant ensuite le champ libre aux rebelles pour revenir occuper le terrain.

Le président a ensuite mis en garde le Premier ministre irakien, M. Nouri al-Maliki contre tout retard dans la tenue de ses promesses pour assurer la sécurité, notamment en freinant les violences interconfessionnelles, et prévenu que les États-Unis seraient susceptibles de reconsidérer leur soutien au gouvernement irakien, et d'entraîner par la même occasion « la perte du soutien du peuple irakien » à ses gouvernants.

L'hôte de la Maison Blanche n'a pas caché que l'inflexion de sa stratégie en Irak ne devrait pas mettre un terme, dans l'immédiat, au cycle des violences et estime que les ennemis des États-Unis mettront tout en œuvre pour que les journaux télévisés américains soient « remplis d'images de mort et de souffrance` ».

Les efforts diplomatiques des États-Unis devraient porter dans plusieurs directions. La secrétaire d'État, Condoleezza Rice 2, devrait rapidement nommer un coordinateur de la reconstruction à Bagdad, chargé de superviser et encadrer les équipes provinciales de reconstruction et de coordonner l'action des experts civils et militaires américains venant en aide aux autorités civiles et militaires.

Le président a en outre annoncé des efforts particuliers pour mobiliser en faveur de l'Irak divers pays de la région, parmi lesquels l'Arabie saoudite, l'Égypte, la Jordanie et certains pays riverains du golfe Persique, censés prendre conscience, selon ses vues, qu’« une défaite américaine en Irak créerait un nouveau sanctuaire pour les extrémistes et une menace stratégique contre leur survie ». On notera que M. Bush a soigneusement évité de citer, dans cette partie de son discours, l'Iran et la Syrie, que la rapport Baker-Hamilton considérait comme de nécessaires parties prenantes dans un processus de reconstruction et de pacification de l'Irak.

Le président a ensuite nommément mis en garde l'Iran et la Syrie, accusés de permettre à des terroristes et rebelles d'utiliser leurs territoires comme bases arrières dans leurs incursions en territoire irakien. L'Iran étant même accusé de « fournir l'appui matériel pour des attaques contre les troupes américaines ». M. Bush a annoncé son intention d'interrompre les filières de soutien prenant leur source en Iran et en Syrie, de rechercher et détruire les réseaux fournissant de l'armement de haut niveau et assurant l'entraînement des États-Unis et enfin de prendre toutes les mesures nécessaires « pour soutenir la sécurité de l'Irak et pour protéger les intérêts américains au Moyen-Orient ». Pour ce faire, il a indiqué avoir ordonné le déploiement d'une force navale spécifique dans la région et a fait part de son intention de développer les activités de surveillance et d'espionnage ainsi que l'arrivée prochaine de systèmes de défense aériens Patriot.

Source : Wikinews