En dépit des manifestations de bonne volonté et annonces de compromis manifestées tant dans le camp présidentiel que dans la nouvelle majorité démocrate au Congrès, bien des interrogations demeurent.

Les démocrates sont en effet prudents face à la rumeur d'une prochaine annonce par le président d'un accroissement des troupes américaines déployées en Irak, alors qu'ils semblent avoir été élus « par défaut », en raison d'un rejet croissant de la stratégie guerrière de George W. Bush au Moyen-Orient, et que la majorité d'entre eux souhaiterait au contraire obtenir des engagements présidentiels pour un retrait programmé des forces d'occupation à Bagdad. On ne sait pas encore quelle forme pourrait prendre l'éventuelle « résistance » du Congrès devant la détermination présidentielle. Charles Shumer, sénateur démocrate de, résume le sentiment général d'expectative lorsqu'il affirme espérer que, « lorsque le président parle de compromis, cela signifie plus que “Faites selon mes vues”, qui était sa vision du compromis par le passé ».

La prudence des démocrates peut aussi se concevoir si l'on songe au droit de veto dont dispose le président des États-Unis à l'encontre de tout texte de loi voté par le Congrès, veto qui ne peut être outrepassé que par un vote conjoint des deux chambres à la majorité des deux tiers. Or les démocrates ne disposent au Sénat, que d'une courte majorité de 51 sièges (si l'on inclut les deux indépendants qui se sont affiliés à leur groupe) et, à la Chambre, de 233 sièges sur 435 soit, dans les deux cas, une majorité insuffiasnte pour outrepasser un veto présidentiel, sauf ralliements massifs d'élus républicains. Au Sénat, il suffirait d'ailleurs d'un décès ou d'une incapacité permanente parmi les sénateurs démocrates pour leur faire perdre leur avantage numérique

Le président Bush est donc susceptible de bloquer, s'il le souhaite, un certain nombre de projets placés en tête de l'ordre du jour des leaders démocrates dans les deux chambres.

On prête à Nancy Pelosi, speaker démocrate de la Chambre des représentants, l'intention de lancer une sorte de « marathon » législatif de 100 heures réparties sur les deux premières semaines, afin de faire adopter le maximum de mesures auxquelles il paraît peu probable que le président souhaite s'opposer, par exemple, une révision des règles éthiques pour les membres du Congrès, notamment dans leurs rapports avec les groupes de lobbying, un augmentation de plus de 25 % du salaire horaire minimal. On sait d'autre part que certains projets démocrates comme l'accroissement des crédits destinés à la recherche sur les cellules-souche risquent fort de se heurter à un veto présidentiel.

Tous les scénarios semblent donc envisageables, y compris, même s'il ne parait pas a priori le plus probable, celui d'un « donnant-donnant » entre l'exécutif et le législatif, dans lequel on verrait le président rester « en réserve » sur certains projets de société des congressistes et ceux-ci ne pas s'opposer ouvertement à la politique militaire et à la diplomatie conduites par la Maison Blanche.

Source : Wikinews