L'exécution de Saddam Hussein, ancien homme fort de l'Irak, provoque encore des réactions dans le monde.

Un changement est perceptible de la position du nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Ce dernier a affirmé notamment que « Saddam Hussein était responsable de crimes odieux et d'atrocités sans nom contre le peuple irakien et nous n'oublierons jamais les victimes de ses crimes (...) La question de la peine capitale reste la décision de chacun des pays membres. » L'ambiguïté de cette déclaration a nécessité une mise au point de la part de sa porte-parole où il a été précisé qu'il faisait part de son propre point de vue. En effet, la peine de mort existe en Corée du Sud, d'où est originaire le nouveau secrétaire général.

La réaction la plus virulente contre cette exécution vient du Front national. Par la voix du président du Cercle national des combattants, Roger Holeindre, « il considère l’exécution du Président Saddam HUSSEIN pendant l’Aïd comme un crime crapuleux et une faute politique majeure. Fallait-il donc que certains aient tout à craindre des déclarations qu’aurait pu faire cet homme qu’ils ont choyé hier et encouragé à plusieurs reprises pour qu’il mène des combats qui, à l’époque, les arrangeaient. » pour ensuite conclure qu'« Il serait temps que l’Europe fasse entendre sa voix et que la France proclame haut et clair qu’elle n’est d’accord en rien avec la politique de l’illuminé BUSH qui, d’erreurs en erreurs, tel un Docteur Foll’amour, nous concocte un embrasement mondial ! »

Une manifestation s'est tenue à Amman en la présence de la fille de l'ancien raïs, pour protester contre l'exécution de ce dernier. Elle a notamment déclaré : « Dieu vous bénisse, et je vous remercie pour votre hommage à Saddam le martyr. » Cette manifestation a eu lieu à l'appel de plusieurs syndicats professionnels et comprenait des avocats, des médecins et des ingénieurs.

À la suite de l'enterrement de l'ancien chef de l'État, dans sa région natale de Tikrit, le Gouvernement irakien a mis sous surveillance la demeure familliale afin qu'elle ne devienne pas un lieu de pélerinage. Lundi dernier, le comité des oulemas musulmans a qualifié l'exécution d'« acte éminemment politique », estimant que ceci « témoigne de la haine et du désir des Américains de provoquer les sunnites » eu égard à la date choisie pour la mise à mort de Saddam Hussein.

Source : Wikinews