La Saudi Press Agency a désapprouvé le fait que l'exécution de la sentence ait coïncidé avec l'Aït-el-Kébir et estimé que « des millions de musulmans se seraient attendus à ce que le monde entier, et pas seulement les dirigeants politiques des pays islamiques, considèrent cette fête avec respect, plutôt que de la négliger ».

Un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a regretté de le choix d'une importante fête musulmane pour procéder à l'exécution, alors que l'Aïd-el-Kebir devrait être « une occasion de miséricorde et de tolérance » et exprimé à demi-mots ses craintes d'une aggravation de la situation en Irak.

Deux manifestations, de faible ampleur, ont eu lieu devant la représentation des Nations unies à Rabat et devant le consulat américain à Casablanca. Des slogans hostiles aux États-Unis ont été entendus, mais on ne rapporte pas d'autres incidents.

Le ministère tunisien des affaires étrangères a exprimé ses regrets qu'une telle exécution soit faite le jour de l'Aïd El Adha. En outre, l'exécution de Saddam Hussein, « en ce jour, est une grave atteinte aux sentiments des peuples musulmans, au moment où ils célèbrent une fête religieuse sacrée. »

Ce sentiment est partagé dans la rue où les États-Unis sont pointés du doigt par la population.

Le Parti démocratique progressiste a vivement critiqué l'empressement des américains à faire exécuter l'ancien Raïs. Il a qualifié tout cela de mascarade judiciaire et d'esprit de vengeance.

Un porte-parole de Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, a souligné lque l'UE condamne les crimes commis par Saddam Hussein. mais qu'elle est opposée à la peine de mort.

Marianna Belenkaïa, journaliste à RIA-Novosti, soulève bien des interrogations sur les véritables motifs de l'exécution de Saddam Hussein. Dans son article, elle explique l'implication des puissances étrangères dans la dictature de Saddam Hussein. Selon l'intéressée, l'ancien raïs avait obtenu pratiquement le feu vert de Washington avant d'envahir Koweit.

Sur la question kurde, il semblerait, selon cette journalise, qu'un « protocole de collaboration » aurait été élaboré avec la Turquie. Ce protocole aurait été évoqué pour la première fois devant les juges du procès Anfal, lors de l'audition des ordres du général Nazar Abdelkarim Al-Khazraji aux commandants du premier et du cinquième corps de l'armée irakienne. « Les détails du protocole n'ont pas été divulgués. Il n'y a eu jusqu'ici aucune confirmation officielle de la coopération entre Ankara et Bagdad dans le génocide des Kurdes. Mais si on en trouve des preuves, les conséquences pourraient être imprévisibles », explique la chroniqueuse.

« Saddam Hussein devrait donc partager la responsabilité des crimes avec beaucoup de personnes en Irak et à l'étranger tout comme le dirigeant de n'importe quel pays. Mais cela ne sera plus important après sa mort. Le dictateur a emporté beaucoup de secrets dans sa tombe. Pourtant on aurait pu tirer beaucoup de leçons historiques pendant le procès de Saddam Hussein, » a-t-elle expliqué.

Le gouvernement slovaque, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a précisé que la Slovaquie « a toujours clairement et résolument condamné les crimes commis par le régime de Saddam Hussein, mais elle rejette également la peine de mort, dans tous les cas et en toutes circonstances ».

Les autorités fédérales ont fait savoir qu « Il devait être jugé et sanctionné en conséquence." Saddam Hussein était un criminel, mais le DFAE désapprouve son exécution. (...) la peine de mort n'est pas justifiable, même pour les crimes les plus graves. » Elle conclut que « la réconciliation est une condition indispensable pour construire une société où prévalent la stabilité, la démocratie et la paix. »

Source : Wikinews