Nouveaux propos controversés de Georges Frêche
Article d'actualité du dimanche 19 novembre 2006 , catégorie : Actualité France
« Dans cette équipe (de France), il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls. J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. ». Voilà ce qu'aurait déclaré devant un conseil d'agglomération Georges Frêche, président socialiste du Conseil régional de Languedoc-Roussillon et président de la communauté d'agglomération de Montpellier depuis mars 2004, selon le quotidien français Le Midi Libre. Cette révélation du journal a immédiatement déclenché une vague de protestations, tant dans le monde politique que dans celui du football.
La réponse de la LFP et de la FFF, par la voix de leurs présidents respectifs Frédéric Thiriez et Jean-Pierre Escalettes, est claire : les propos tenus sont « révoltants et déshonorants pour leur auteur », d'autant plus que pour l'équipe de France « (...) le sélectionneur choisit les meilleurs joueurs (...). Il n'y a pas de quotas. On prend les meilleurs, toute autre considération est à exclure. Si les meilleurs joueurs mesuraient tous moins d'1,50 m, on prendrait onze joueurs d'1,50 m ». Un des membres de l'équipe de France, Florent Malouda, a indiqué ce jour au micro de la radio RTL que ces propos étaient irresponsables, et qu'il ne ne pouvait pas les "accepter".
Les réactions du monde politique part des plus hauts sommets de l'État : Jacques Chirac, le président de la République, a « condamné avec la plus grande fermeté » ces propos, indiquant qu'« il est du devoir de chacun, et singulièrement des élus du peuple, de respecter ce principe fondamental pour la cohésion de notre nation ». Déclaration appuyée par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Jean-François Lamour, qui indique de plus : « La règle pour appartenir à l'équipe de France est simple : seuls ceux qui en sont dignes et sont les meilleurs sont sélectionnés. Georges Frêche serait bien inspiré d'appliquer à lui-même cette exigence et donc de démissionner. (...) Désormais, les Français attendent un geste fort du Parti socialiste (...) Il en va d'une certaine éthique de la politique ». Lequel, PS par la voix de son premier secrétaire François Hollande principalement, condamne aussi la diatribe de l'ancien maire de Montpellier : « Les propos de Georges Frêche sur l'équipe de France de football, tels qu'ils ont été rapportés dans le journal Le Midi Libre et s'ils sont établis, sont inacceptables. Au nom du Parti socialiste, je les condamne de la manière la plus ferme qui soit et je demande à Georges Frêche de s'en expliquer immédiatement ». Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, dénonce « une conversion indigne à l'idéologie et à la rhétorique de l'extrême droite » et demande une exclusion du parti si les propos sont avérés, position que partagent de nombreux autres militants...
Face à la multiplication des réactions, M. Frêche a refusé de s'excuser ce jeudi après ses propos sur l'équipe de France, estimant qu'ils avaient été mal interprétés. «Mes paroles avaient pour sens de défendre et non d'exclure ». Florent Malouda a pour sa part indiqué qu'ayant « entendu qu'il ne regrettait pas ses propos. Il a réfléchi à ce qu'il disait. C'est un récidiviste. la première fois ça va, la deuxième fois c'est le fond de sa pensée. ». M. Frêche avait été suspendu le 28 février dernier pour deux ans des ses délégations internes au PS pour pour les propos qu'il a tenus contre les harkis, qu'il a qualifiés de« sous-hommes » lors d'une cérémonie publique de dépôt de gerbe devant la stèle de Jacques Roseau le 11 février précédant.
Source : Wikinews
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