M. Ecevit était entré en politique en 1957, année où il fut élu député sous la bannière du Cumhuriyet Halk Partisi (CHP, « Parti républicain du peuple »), une formation classée au centre-gauche. Il est remarqué par Ýsmet Ýnönü, leader du CHP, ancien compagnon d'armes d'Atatürk et ancien président de la République, dans l'opposition depuis le début des années 1950.

Lorsqu'Ýnönü revient au pouvoir, à la suite des élections de 1961, Bülent Ecevit se voit confier le ministère du Travail, qu'il occupera jusqu'en 1965. M. Ecevit quitte le gouvernement en même temps que son mentor et se consacre à l'organisation interne du CHP, au sein duquel il anime l'aile gauche, qui défend un « socialisme démocratique ». En 1966, il devient secrétaire général du parti.

La crise économique en Turquie ne faiblit pas et la population, dans un mouvement de rejet sans précédent, s'était détournée des partis politiques traditionnels et, lors des élections du 3 novembre 2002, accordait une conforatble majorité relative et une large majorité en sièges à l'Adalet ve Kalkýnma Partisi (AKP, « Parti pour la justice et le développement »), dernier parti fondé par Recep Tayyip Erdoðan. Celui-ci, toutefois, étant toujours sous le coup d'une condamnation judiciaire, ne put toutefois prendre les rênes du gouvernement que le 12 mars 2003, l'« intérim » étant assuré, à partir du 19 novembre 2002, par son « lieutenant » Abdullah Gül.

Bülent Ecevit, dont le parti s'était effondré lors des élections de 2002 (passant de près de 7 millions de voix, soit 22,19 % en 1999 à moins de 400 000 voix soit 1,22 %, et perdant la totalité de ses 136 sièges), se résolut alors à quitter définitivement la vie politique turque.